Conte pour enfin

Conte absurde à l'usage des esprits libres

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Au nom du Rien, du Vide, et du Saint Néant


Le monde n'existe pas.

de géant.

A sept lieux.

Dans le monde des choses, il y avait sept lieux. Le métro, le boulot, le dodo, ta chatte, le net et Jésus.

The world of things was surrounded by the world of nothing (was).

Et à part ça il n'y avait rien.

Tout autour de ces sept lieux.

On appelle ce rien "le grand vide", parce qu'il est grand comme le vide. Personne n'a jamais réussi à aller dans ce rien, car dès qu'on arrive dans le vide,

ce n'est plus le vide,

puisqu'on y est.

Aussi personne n'a jamais réussi à aller dans le rien.

Pourtant certains ont essayé.

Je me rappelle d'un éleveur d'hippototame qui n'avait pas de peau (il était né sans peau, on appelle ça l'appeautriesnastanstaya, la maladie a été découverte par un médecin russe a inventé par la même occasion la fameuse expression "pas de peau"). Non seulement il n’avait pas de peau mais en plus il était très timide.

Il détestait que les gens le regardent dans la rue et mettent leurs yeux dans sa chair et ses os et son sang et ses entrailles et ses nerfs et ses globules de toutes les couleurs de l'arc en ciel et du soleil. En plus, il avait tendance à perdre des choses en route. Ici un bout de poumon, là un rein... les gens lui couraient après et lui rapportaient gentiment.

"Excusez-moi! Vous avez perdu un rein!"

Avouez que c”est gênant.

Et dans le métro, les gens marchaient sur ses nerfs, car ses nerfs traînaient sur le sol. Parfois. Je n'aimerais pas que les gens marchent sur mes nerfs dans le métro. Après il faut les laver à l'alcool et ça fait mal.

Vraiment pas de peau.

Aussi, notre ami, qui s'appelait Vladimir Vladimirovitch Vladimirov, décida de devenir explorateur de rien.

Comme Pouri Margarine. Très connu dans le monde des chose. Il a même une plaque dans la rue. (il y a une seule rue dans le monde des chose, elle s'appelle la rue du pot au fer, mais vous pouvez l'appeler la rue, pour faire plus court). Tout le monde regarde la plaque quand il y a des embouteillages et que chacun, sur son hippopotame (on se déplace en hippopotame dans le monde des choses), n'a rien d'autre a faire que de lire la plaque qui parle de Pouri Margarine qui a "agrandi les frontières du monde des choses en partant en exploration vers le monde du rien" (vers et non dans, puisque on atteint jamais le rien - les explorateurs du rien sont les seuls explorateurs qui n'atteignent jamais le lieu qu'ils explorent. D'ailleurs, se sont les seuls explorateurs. Il y a longtemps que le métro, le boulot, le dodo, ta chatte, le net et Jésus on déjà été explorés.)

Un jour un grand scientifique a dit "si le rien pouvait parler il nous remercierait de l'annihiler et de l'intégrer dans le monde des choses. Quelle chose horrible ce doit être que d'être le rien". Le grand scientifique a été brûlé sur la place publique pour blasphème blasphématoire.

Et il est devenu un petit scientifique.

C'est que, vous voyez, dans le monde des choses nous rendons un culte au rien.

"Au nom du Rien, du Vide, et du Saint Néant"

C'est ainsi que doit commencer toute journée, tout repas, tout discours, tout texte, tout,

Dans le monde des choses.

Et si vous ne le faites pas, ou si vous oubliez une majuscule, vous serez brûlé pour blasphème blasphématoire. Or, on vous brûle généralement jusqu'à ce que vous ne soyez plus rien, ce qui est une bonne punition pour quelqu'un qui à blasphémé blasphématoirement contre le rien.

A ce propos, plusieurs écoles s'affrontent dans le monde des choses. Certains disent que quand on n'est plus rien, on est quand même des choses, des cendres, ou des vers. D'autres disent qu'on rejoint le rien. Et ils vont au temple sacrifier des girafes au nom du Rien, du Vide, et du Saint-Néant. Peut-être que devenir rien c'est être comme ces nains bombardés sur le vide : le vide recule à mesure qu'on approche. Ceux qui pensent cela sont appelés les asymptotistes, car ils croient que les choses sont une grande asymptote dans le rien, mais que le rien n'existe pas, puisque le principe de l'asymptote, c'est qu'il y a toujours quelque chose.

Les asymptotistes sont une secte très dangereuse, n'acceptez jamais un bonbon d'un asymptotiste.

Vladimir Vladimirovitch Vladimirov a donc élevé un hippopotame spatial (c'est très rare et très difficile, ça ne se fait que dans les Centres Normalisés Nucléaires Pyrolisant, la liste d'attente est très longue) et il est parti en exploration du rien.

Pour partir en exploration du rien, il faut d'abord traverser tout le monde des choses, le métro, le boulot, le dodo, ta chatte, le net et Jésus, avec un hippopotame de sept lieux. C'est très long, à peu près 2,37 unités de temps du monde des choses. Après cette traversée, notre héros avait une longue barbe.

Il avait décidé de ne pas se raser, puisqu'il partait en exploration du rien. D'ailleurs il n'aimait pas se raser et il était bien content du coup d'être en exploration du rien. Essayez de vous raser quand vous avez pas de peau, hein!

Puis Vladimir Vladimirovitch Vladimirov arriva à la Frontière du Monde des Choses. Là, de très nombreux asymptotistes jetaient des bonbons dans le rien (vers le rien). Vladimirovitch ne su que faire quand l'un d'entre eux vint vers lui avec son estomac dans la main.

"Excusez moi, vous avez perdu ceci."

Et il mit un bonbon dans l'estomac.

Vladimirov était effrayé, décontenancé et frayé. Il ne savait quoi faire. Les asymptotistes sont une secte très dangereuse, n'acceptez jamais un bonbon d'un asymptotiste.

Il enfourcha son hippopotame spatial et planta là son hippopotame de sept lieu, l'asymptotiste et son estomac enbonbonné. Il n'aurait de toute façon plus besoin de rien, dans le rien.

"Au nom du Rien, du Vide, et du Saint-Néant" hurla-t'il en arrivant dans le rien (vers le rien). Oui, ça porte bonheur de hurler ça quand on s'élance dans le rien (vers le rien). Et il fut stupéfait, et ravi, et stupéfait:

Il n'y avait rien.

Plus personne ne mettait ses yeux dans sa chair et ses os et son sang et ses entrailles et ses nerfs et ses globules de toutes les couleurs de l'arc en ciel et du soleil. Et plus personne ne marchait sur ses nerfs dans le métro. Et il n'avait plus besoin de laver ses nerfs à l'alcool.

Mais plus personne ne venait lui rapporter quand il perdait là un rein, ici, un estomac, ou sa bite. Aussi il commença à perdre ses choses, dans le rien (vers le rien). Plus il en perdait, plus son corps s'effilochait et il en perdait, et plus il en perdait. Et allez retrouver une bite dans le rien (vers le rien)! Vous croyez que c'est facile? Certains disent que oui, parce qu'il n'y a que ça, dans le rien (vers le rien) : le rien. Les choses doivent se retrouver facilement! Pas du tout, vous oubliez que c'est très grand le rien, puisqu'il n'y a rien. Et il fait noir comme dans un cul d'hippopotame spatial.

Rapidement, Vladimirovitch se retrouva un peu éparpillé : là son pied, ici l'hémisphère gauche de son cerveau, là-bas l'hémisphère droit, plus loin, sa bite... Il ne savait plus trop où il était. Et il n'y a pas de plan dans le rien, c'est pas comme le métro. En fait il ne savait plus trop si il était.

Un jour, son hippopotame spatial est revenu dans le monde des choses (mais était-il vraiment parti? puisqu'on arrive jamais dans le rien...). De Vladimir il ne restait que la bite, coincée dans le cul de l'hippopotame spatial, pour qu'elle reste au chaud (il fait froid dans le rien).

Aujourd'hui il a une plaque, Vladimir, dans la rue du pot au fer. Et le Président à fait un discours pour la nauguration de la plaque où il disait que "les frontières du monde des choses ont été aggrandies par cet intrépide explorateur qui a repoussé le rien pour la gloire de l'humanité conquérante" et il a crée un programme de bombardement du rien avec des nains. Aujourd'hui, des nains sont envoyés en navette jusqu'aux frontières du monde puis projetés dans le rien pour que le rien soit intégré au monde des choses.

Qu'en dites vous?

Rien.